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Serge Gainsbourg - Histoire de Melody Nelson

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J’avoue que là je m’attaque à un gros morceau. Vouloir faire un pitch sur l’abum "Histoire de Melody Nelson" de Serge Gainsbourg c’est comme vouloir faire une critique de la Joconde.

Tout le monde a dit la sienne sur cette œuvre (avec plus ou moins de bon sens d’ailleurs). Aussi, comme le concept de mon site est de parler de musique sans se prendre la tête, c’est sans prétention aucune que je vais me lancer dans cet exercice.

Premièrement si je me permets de faire le parallèle avec une œuvre d’art mythique c'est que cet album l’est tout autant. Sorti en 1971, l’album naîtra trop tôt dans un monde musicalement en retard et recevra un accueil plus que froid puisqu’il ne se vendra qu’a 20 000 exemplaires. Le concept est pourtant fort,
Serge Gainsbourg a fait ce que tout musicien rêve de faire un jour, l’album parfait, où la passion côtoie l’amour absolu et la folie douce.

Le premier titre «
Melody » vous prends aux tripes et pose les fondations du disque avec les ingrédients qui assureront l’architecture de cette merveille. La voix de Serge tout d’abord, lourde et chaude, les mélodies ensuite, travaillées dans les moindres détails et déchirées par des guitares enfin, qui semblent acérées comme des griffes. La voix de Jane Birkin dans le rôle de Melody Nelson vient en fin de chanson pour apporter une dimension supplémentaire au tableau.

Le deuxième titre «
La ballade de Melody Nelson » au texte plus empreint d’ironie vient conforter le sentiment de magnificence de l’œuvre.

Vient ensuite, la «
Valse de Melody », dans laquelle l’alchimie subtile de Gainsbourg est accentuée par la présence de l’orchestre de Jean-Claude Vannier qui à su, avec ses arrangements donner une âme à tout l’album.

Ensuite on est saisi par la mélancolie du quatrième titre «
Ah ! Melody ». Puis Serge Gainsbourg laisse glisser sa voix monocorde et s’adonne à une narration sur « L’Hôtel Particulier », ici se rejoignent l’art musical et l’art pictural car Serge arrive à décrire avec ses mots qu’il maîtrise si bien le luxe et le faste d’un lieu comme l’aurait fait un peintre sur sa toile. Le coté désaxé de l’artiste se traduit par les riffs de guitare qui viennent blesser judicieusement l’orchestration majestueuse et le rythme décalé.

La fresque se répend avec le titre «
En Melody » qui est presque totalement instrumental et les paroles de Gainsbourg viendront mettre fin à ce titre et à la vie de Melody qui meurt dans un accident d’avion.

La mort de l’heroine pourrait être la fin de l’album mais le dernier titre «
Cargo Culte » vient comme le calme après la tempète. Ce titre chargé de tristesse et de folie vient clore l’album sur une note d’exotisme fantasmagorique.

Le concept précurseur de cet album sert encore aujourd’hui d’appui pour de nombreux artistes qui utilisent les éléments clés comme le talk-over. L’échec de la première heure s’est sublimé au fil du temps pour devenir ce qu’il est aujourd’hui, un chef-d’oeuvre qui donne a la chanson française une place à part entière dans le milieu de l’Art avec un grand A.

Serge et Jane


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